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La crise de la dette dans les pays du Sud s’aggrave avec la hausse des taux d’intérêt et la chute des devises

lundi 15 octobre 2018

Traduction d’un article de Tim Jones, Jubilee Debt Campaign UK

Les coûts d’emprunt futurs de nombreux gouvernements des pays du Sud du monde entier ont continué d’augmenter, comme le montre l’évolution du rendement des obligations cotées en bourse. En moyenne dans 15 pays sélectionnés (voir tableau ci-dessous), les rendements obligataires ont augmenté de 1,4 point de pourcentage depuis le début de 2018, ce qui représente une hausse par rapport à 1,1 point de pourcentage en mai. Les rendements mesurent efficacement le coût des nouveaux emprunts d’un gouvernement sur les marchés privés.

L’un des facteurs de ce changement est la hausse du rendement de la dette publique américaine, qui a maintenant augmenté de 0,7 point de pourcentage depuis dix ans pour le remboursement de la dette contractée au début de 2018. Cependant, les rendements de la dette des pays du Sud ont en moyenne augmentée du double de celle des États-Unis.

La Zambie a connu la plus forte augmentation, de 4,2 points de pourcentage, alors que des doutes grandissaient encore sur la capacité du pays à faire face aux futurs remboursements de sa dette, en particulier en 2022, date à laquelle le premier de ses trois eurobonds devrait être payé. Les rendements de la dette de la plupart des gouvernements africains dépassent maintenant les 7%.

Les changements récents plus dramatiques ont vu les monnaies continuer à baisser par rapport au dollar. En moyenne pour les 15 pays ci-dessous, les monnaies ont chuté de 9% par rapport au dollar en 2018. Les dévaluations monétaires augmentent la taille relative de la dette en devises, et les montants relatifs des paiements de la dette.

Quatorze des 15 pays ci-dessous ont vu leur monnaie chuter face au dollar. Le Kenya fait figure d’exception où la valeur du schilling a légèrement augmenté par rapport au dollar. Le Nigéria et l’Éthiopie ont également maintenu efficacement leurs attaches monétaires avec le dollar, tandis que le Cameroun, le Sénégal, le Gabon et la Côte d’Ivoire utilisent tous le franc CFA, qui est effectivement lié à l’euro, de sorte que tout changement imite le changement de valeur entre l’Euro et le Dollar.

L’augmentation des charges d’intérêts et la baisse des devises menacent de continuer à faire augmenter le montant des paiements de la dette, aggravant ainsi la crise de la dette croissante dans de nombreux pays du Sud.